Le REDD a été précédé par une association/ONG (l’ADABE – l’Association pour le Développement de l’Agriculture Biologique en collaboration avec les pays de l’Est) composée essentiellement des mêmes membres que ceux qui ont créé le REDD.

Cette 1ère ONG fut fondée le 17 février 1993. Elle servait d’entité juridique pour pouvoir effectuer un mandat proposé par la DDC (Département du Développement et de la Coopération) – l’aide technique ou l’aide au développement suisse.

La première assemblée générale eut lieu à Yens le 7 octobre 1993 : entrée en vigueur des statuts (élaborés par Urs Niggli), élection du comité: Kurt Hofmann, Président, Markus Lüthi, Secrétaire, Urs Niggli, Caissier.

La première mission mandatée et financée par la DDC en Bulgarie eût lieu en juin et juillet 1994. Avec le mandat d’explorer “le potentiel et les possibilités pour l’introduction de l’agriculture durable en Bulgarie ”. Responsables de mission Markus Lüthi avec 4 experts.

D’intenses discussions avec la DDC eurent lieu au printemps 1995. Une reformulation de notre proposition de projet (une version 2 élaborée par Niggli et Lüthi) intervient. Nous décidons de transférer la responsabilité pour le projet Bulgarie de l’ADABE à l’IRAB (Institut de Recherche en Agriculture Biologique – Urs Niggli était alors déjà Directeur de cet institut). L’ADABE était trop petite et manquait d’expérience pour gérer un grand projet de développement. L’IRAB a pour sa part engagé 2 membres de l’ADABE pour gérer le projet : Peter Damary comme responsable de projet expatrié (il a vécu 18 mois en Bulgarie) et Markus Lüthi comme coordinateur de projet.

Le projet a créé un service de vulgarisation agricole qui s’est constitué en fondation de droit bulgare appelé Bioselena. Ce service de vulgarisation est aujourd’hui un acteur majeur et apprécié dans le contexte agricole bulgare. Il a favorisé l’émergence d’associations paysannes et de filières de vente.

Après une 1ère évaluation externe du projet en 1998, différents événements ont conduit à une rupture de collaboration entre l’ADABE et l’IRAB, ce qui nous a incités à créer également un écart thématique avec l’IRAB. Nos engagements dépassaient la seule agriculture bio. Nous étions engagés dans plusieurs autres chantiers :  le rétablissement de la paix en Slavonie Orientale avec Friedesbrugg Leimental à travers des conférences et des cours pour des publics mixtes (croates, hongrois et serbes) ; des missions de reconnaissance ou des cours pour la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le Progrès de l’Homme), pour Secours Populaire Français et pour le British Know How Fund en Géorgie, et d’autre initiatives : séminaires, rencontres, processus de recherches communes avec des partenaires de la FPH dont un des plus intéressants était une série de rencontres explorant le lien entre la qualité des nappes phréatiques et les pratiques agricoles (rencontres à Arnhem et à Rennes en présence du Ministre français de l’agriculture) organisé par le RAD (réseau agriculture durable) de Rennes.

L’assemblée générale de l’ADABE du 3 novembre 1999 a décidé de changer l’orientation de l’Association et de l’appeler REDD – Réseau Echanges-Développement-Durable. Pourquoi ce nom ? Nos échanges, collaborations et engagements communs avec la FPH l’explique. Nous cherchions le décloisonnement, l’ouverture, les échanges.

La FPH a eu une influence déterminante sur le devenir du REDD. Déjà par son soutien financier initial lors des premières 2 missions des membres de la future ADABE en Géorgie en 1991 (Kurt Hofmann et Markus Lüthi)  et en 1992 (Markus Lüthi).

L’influence de la FPH sur le contenu « philosophie d’entreprise » du REDD au fil de notre coopération longue et fructueuse est une évidence.  Comme la FPH, le REDD s’engage pour une société mondiale ouverte et harmonieuse, pour surmonter les barrières nationales, sociales et culturelles. Comme la Fondation, nous sommes opposés à la mentalité du « chacun pour soi », aux approches à court terme, aux gains immédiats et non-partagés et comme elle, nous souscrivons à l’intelligence commune, aux apprentissages collectifs et à la mobilisation commune.

Les projets, séminaires et évènements se sont alors succédés jusqu’à ce jour. En novembre 2011 notre  Association  « a reçu une sœur jumelle »,  « REDD SA  - Pour une alimentation éthique et savoureuse » fondée par des membres de l’Association qui voulaient développer une entité commerciale.